IA d'ici 2040 : ce que la révolution promet vs ce que les chiffres disent
Maladies incurables enfin soignées, robots ménagers, voitures sans chauffeur, bureaux vidés de leurs tâches : voici ce que l'IA promet pour 2040, et ce que la réalité en dit déjà.
Guérir les maladies aujourd'hui incurables. Un robot qui range la cuisine pendant que vous dormez. Des voitures sans volant qui fluidifient le trafic au point de supprimer les bouchons. Des bureaux où plus personne ne remplit de formulaire. Voilà, en résumé, ce que l'intelligence artificielle promet pour 2040.
Ces promesses ne sortent pas d'un roman. Elles sont formulées, chiffrées et financées par les plus grandes entreprises de la planète. Le problème n'est pas leur ambition, il est ailleurs : dans l'écart, parfois vertigineux, entre ce qui est annoncé et ce que les données mesurent déjà aujourd'hui.
Cette enquête passe les quatre grandes ruptures annoncées au filtre des chiffres réels. Certaines avancent plus vite qu'on ne le croit. D'autres répètent, mot pour mot, des promesses déjà trahies il y a dix ans.
Dans cet article :
- La médecine : « guérir toutes les maladies », vraiment ?
- Les robots ménagers : la promesse la plus lointaine
- La voiture autonome : la seule révolution déjà là
- Le bureau sans humains : la promesse qui trébuche
- Ce qui va réellement se jouer d'ici 2040
La médecine : « guérir toutes les maladies », vraiment ?
C'est la promesse la plus spectaculaire et la plus émouvante. Isomorphic Labs, la filiale de découverte de médicaments d'Alphabet née de DeepMind en 2021, affiche une mission sans détour : se rapprocher, un jour, de la guérison de toutes les maladies grâce à l'IA.
La société n'est pas un rêveur isolé. Fondée par Demis Hassabis, lauréat du prix Nobel grâce à AlphaFold (le système qui prédit la structure 3D des protéines), elle a levé 600 millions de dollars début 2025 auprès de Thrive Capital, GV et Alphabet [1].
Son président affirmait à la mi-2025 que des équipes travaillent avec l'IA pour concevoir des médicaments contre le cancer, « en ce moment même ». Et pourtant, un chiffre résume tout ce qui bloque.
En 2026, plus de 173 programmes de médicaments issus de l'IA sont en essais cliniques. Le nombre approuvé par les autorités de santé et disponibles en pharmacie ? Zéro.
Et la raison de ce zéro dit tout sur ce qui séparera, d'ici 2040, la vraie rupture médicale du récit marketing.