Ces diplômes perdent de la valeur à cause de l’IA, d’autres deviennent un atout
Informatique, langues, communication, droit : l'IA ronge le premier emploi auquel menaient ces diplômes. Dix filières passées au crible, du BTS au bac+5, et le test pour savoir si la vôtre protège encore.
Imaginez une cuisine de la banlieue nantaise, un soir de mars 2026. Un lycéen et ses parents hésitent entre trois choix sur Parcoursup (la plateforme nationale d'admission dans l'enseignement supérieur) : une école d'ingénieurs en informatique, une licence de langues étrangères appliquées, un BTS électrotechnique en alternance.
En 2020, le classement allait de soi. En 2026, il est en train de s'inverser sous leurs yeux. Un diplôme est un pari à trois ou cinq ans sur un marché du travail que personne ne voit encore.
L'IA générative (les outils comme ChatGPT, Claude ou Gemini qui rédigent, codent et traduisent) ne détruit pas les métiers en bloc. Elle grignote la première marche de l'échelle : les tâches qu'on confiait jusqu'ici aux débutants pour les former.
Cette enquête passe au crible dix diplômes, du BTS au bac+5, à partir des données françaises (Apec, Conférence des grandes écoles, ministère de l'Éducation nationale, France Travail) et américaines, plus fines et plus précoces. Son périmètre est précis : ce que vaut un diplôme pour décrocher un premier emploi qualifié et non l'avenir du travail en général.
Dans cet article :
- Les filières « sûres » de 2020 sont celles qui décrochent en premier
- Ce que l'IA remplace vraiment : le premier poste, pas le métier
- Dix diplômes passés au crible, avec le geste utile et le piège propre à chacun
- La stratégie Posthumain : choisir ou réparer son diplôme avant 2030
Les filières « sûres » de 2020 sont celles qui décrochent en premier
Le signal est d'abord apparu aux États-Unis. Selon la Réserve fédérale de New York (New York Fed), le chômage des jeunes diplômés de 22 à 27 ans atteint 5,6 %, au-dessus des 4,2 % de l'ensemble des adultes [1]. Le diplôme était censé garantir l'inverse : un chômage plus bas que la moyenne.
La France suit avec un temps de retard. Six mois après leur sortie, 76 % des diplômés des grandes écoles ont un emploi, 4,2 points de moins qu'un an plus tôt, et 20,5 % cherchent encore [2].
Le plus troublant se lit dans le détail : l'une des spécialités qu'on présentait aux bons élèves comme une assurance tous risques affiche, outre-Atlantique, un chômage de jeune diplômé supérieur à celui des beaux-arts. Et ce qui sépare les diplômes qui coulent de ceux qui tiennent n'a presque rien à voir avec leur prestige ou leur difficulté.
Le critère tient en une seule question, que vous pouvez poser à n'importe quelle formation avant de vous y inscrire, et appliquée à dix diplômes, elle dit si le vôtre, ou celui de votre enfant, vous protège encore.