Cancers, cœur, diabète, Alzheimer : ce que l'IA détecte et les examens à réclamer
Mammographie, coloscopie, ECG, fond d'œil : dans les essais, l'IA fait déjà repérer plus de maladies. Voici où elle aide vraiment, ses pièges et les examens à réclamer à chaque âge.
Dans le sud-ouest de la Suède, plus de 105 000 femmes ont passé leur mammographie sans savoir qu'un tirage au sort décidait qui lirait leurs clichés : deux radiologues, comme partout en Europe, ou un seul radiologue épaulé par une IA. Les résultats complets sont tombés en 2026. Ils devraient intéresser tous ceux qui ont plus de 25 ans.
L'IA médicale a quitté le stade de la démonstration. Sur le sein, le côlon, la prostate, le cœur ou la rétine des diabétiques, des essais menés sur des milliers de patients montrent qu'un logiciel fait repérer des maladies plus tôt que l'œil humain seul. Cette enquête en dresse la carte, maladie par maladie, avec les preuves et leurs limites.
Le périmètre est précis : on parle ici de dépistage (chercher une maladie chez quelqu'un qui ne se plaint de rien), sans parler de traitement ni de chatbots qui jouent au médecin. Pour chaque maladie, on distingue l'IA qui assiste un soignant de celle qui décide seule, puis on termine par ce que vous devez réclamer selon votre âge.
Dans cet article :
- Le paradoxe : une IA qui voit plus, des patients qui ne viennent pas
- La carte : neuf maladies, ce que l'IA y repère vraiment et le piège à éviter
- Le vrai goulot : l'IA lit les images, pas les rendez-vous manqués
- Le plan Posthumain : les examens à réclamer à chaque âge
Le paradoxe : une IA qui voit plus, des patients qui ne viennent pas
Le 1er octobre 2026, le ministère de la Santé a annoncé des travaux avec la Haute Autorité de santé et l'Institut national du cancer sur la place que pourrait prendre l'IA dans le dépistage organisé du cancer du sein. Certains centres l'utilisent déjà, hors programme, comme filet de sécurité du radiologue [1].
La direction générale de la santé cite une étude suédoise où l'IA a fait grimper de 29 % le nombre de cancers détectés. Or, en France, seules 45,7 % des femmes invitées ont fait leur mammographie sur 2024-2025, et cette participation baisse régulièrement depuis le milieu des années 2010 [2].
Le logiciel qui aide à trouver plus de cancers existe donc déjà, mais il attend des patientes qui, une fois sur deux, ne se présentent pas.
Or, selon votre âge, jusqu'à trois dépistages vous sont déjà dus et remboursés, un programme pilote fait déjà lire certains scanners avec une IA, et un test sanguin vendu une centaine d'euros ne vous apprendra rien si vous n'avez aucun symptôme.