Énergie quasi gratuite avant 2040 : pourquoi la rareté pourrait bientôt prendre fin

Le solaire et les batteries s'effondrent en prix, l'électricité devient parfois gratuite en pleine journée. Voici ce qui arrivera avant 2040 et ce que ça change pour vos factures, votre voiture et votre chauffage.

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Énergie quasi gratuite avant 2040 : pourquoi la rareté pourrait bientôt prendre fin
© Posthumain

Un matin de juillet 2026, des millions de foyers australiens pourront, pour la première fois, consommer de l'électricité gratuite pendant trois heures en pleine journée. Pas une promesse publicitaire : une obligation légale imposée aux fournisseurs.

Ce basculement n'est pas une anomalie locale. Il est le premier symptôme visible d'une transformation plus vaste, où l'énergie, ressource rare par définition depuis la révolution industrielle, commence à se comporter comme une ressource surabondante à certaines heures.

La rareté énergétique recule et elle entraîne dans sa chute une bonne partie des réflexes économiques que nous croyions immuables. Derrière ce changement se cache en effet un effondrement de coûts d'une brutalité rarement vue dans l'histoire industrielle.

Le solaire et les batteries ne baissent pas : ils s'effondrent, année après année, selon des courbes que même les optimistes sous-estimaient. La question n'est plus de savoir si l'énergie quasi gratuite arrive, mais ce qu'elle va faire à votre facture, votre voiture, votre chauffage et votre travail d'ici 2040.

Dans cet article :

  • Trois heures gratuites par jour : le signal que presque personne n'a su lire
  • L'effondrement qui rend tout possible : quand le solaire et les batteries deviennent presque gratuits
  • Pourquoi « quasi gratuit » ne veut pas dire « gratuit »
  • Ce que la fin de la rareté changera dans votre quotidien avant 2040
  • Comment se placer du bon côté de la bascule

Trois heures gratuites par jour : le signal que presque personne n'a su lire

À partir du 1ᵉʳ juillet 2026, une règle entre en vigueur en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud-est du Queensland et en Australie-Méridionale. Les fournisseurs d'électricité y sont obligés de proposer au moins une offre contenant trois heures d'électricité gratuite par jour, en milieu de journée, dans la limite de 24 kWh quotidiens.

Ce dispositif porte un nom, le « Solar Sharer » (partage solaire). Il ne récompense pas ceux qui possèdent des panneaux : il distribue à tous, locataires compris, le surplus solaire qui inonde le réseau au moment où le soleil tape le plus fort. Il suffit d'un compteur communicant et d'accepter l'offre.

Pourquoi une telle décision ? Parce que le réseau australien produit désormais, à midi, plus d'électricité solaire qu'il ne peut en absorber. Plutôt que de gaspiller ce surplus ou de payer pour s'en débarrasser, le régulateur a choisi de le donner. C'est exactement l'inverse de la logique de rareté qui a gouverné l'énergie depuis deux siècles.

Et ce n'est pas un cas isolé. En Californie, un programme pilote lancé fin 2025 propose à plus de 4 000 foyers du sud de l'État de l'électricité à bas coût en milieu de journée, avec des économies annoncées pouvant atteindre 40 % de la facture pour ceux qui décalent leurs usages. Le signal est le même partout : quelque chose déborde.

Ce qui déborde, c'est le résultat d'un phénomène que les marchés de l'électricité mesurent froidement depuis trois ans. Un chiffre que les investisseurs connaissent, que les ménages ignorent et qui raconte à lui seul la fin d'un monde.

Ce chiffre, c'est le nombre d'heures où le prix de l'électricité tombe sous zéro, où produire devient une dette plutôt qu'un revenu, et il dessine la bascule vers un régime énergétique que personne n'avait vraiment anticipé pour votre quotidien.

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