“Votre cerveau est plein de plastique” : vraie alerte ou délire médiatique ?

Entre faux positifs et vraie contamination : on fait le tri.

“Votre cerveau est plein de plastique” : vraie alerte ou délire médiatique ?
© Posthumain

Depuis quelques années, des études médiatisées ont affirmé avoir détecté des microplastiques dans la majorité des tissus et fluides du corps humain, y compris dans le sang, tous les organes vitaux, le placenta et même le cerveau. Ces annonces alarmantes – largement reprises par la presse généraliste – sont aujourd’hui remises en question par une partie de la communauté scientifique.

Récemment, des chercheurs ont évoqué un véritable « coup de tonnerre » dans le domaine, tant les résultats de certaines études concernées seraient entachés d’erreurs méthodologiques [1, 2]. Pour faire la part des choses à ce stade, nous sommes remontés aux publications scientifiques originales et avons étudié les critiques formulées à leur égard.

Sections principales de l'article :

  • Des microplastiques dans le cerveau ?
  • Ce que l’on sait vraiment : où trouve-t-on du plastique dans le corps et en quelles quantités ?
  • Incertitudes médiatiques : démêler le vrai du flou
  • Tendances de la recherche actuelle : vers plus de rigueur, d’outils et de réponses
  • Qui est le plus exposé ? Variations géographiques et sociales de l’exposition aux microplastiques

Des microplastiques dans le cerveau ?

Un article très médiatisé publié en février 2025 dans Nature Medicine par Nihart et al. prétendait avoir détecté, grâce à l’analyse de tissus post-mortem, la présence de micro- et nanoplastiques (MNP) dans le cerveau humain [3, 4].

Les auteurs y décrivaient des fragments de polyéthylène « en éclats » dans le tissu cérébral, avec une concentration de particules en augmentation chez les personnes décédées en 2024 par rapport à 2016 [5]. Ils rapportaient même que les cerveaux de patients atteints de démence en contenaient davantage, suggérant un potentiel lien avec des troubles neurodégénératifs [4].

Or, dès novembre 2025, cette étude a été ouvertement contestée dans une lettre Matters Arising publiée dans la même revue (Nature Medicine) [6, 7].

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