Ils ont confié leur argent à une IA pendant 3 mois : voilà ce qui s'est vraiment passé
Pendant trois mois, des particuliers ont confié leur argent à ChatGPT. Les rendements impressionnent, mais l'enquête révèle un piège que personne ne voit.
En janvier 2025, un fondateur de startup a demandé à son gestionnaire de fortune de lui rendre 10 % de son portefeuille. Pas pour une voiture, mais pour organiser un duel : sa banque privée contre ChatGPT.
Ce genre de pari n'est plus une excentricité. Des milliers de particuliers confient désormais leurs décisions d'argent à un agent conversationnel (une IA qui répond en langage courant, comme ChatGPT). Ils lui demandent quoi acheter, quand vendre, comment répartir leurs économies. Et beaucoup jurent que ça marche.
Nous avons voulu savoir ce qui se passe vraiment quand on laisse une IA piloter son argent sur trois mois. Précisons le périmètre tout de suite : cette enquête parle de ChatGPT et de ses rivaux généralistes (Claude d'Anthropic, Gemini de Google, Grok de xAI) utilisés par des particuliers, pas des robo-advisors réglementés type Betterment ni des fonds quantitatifs professionnels.
Les résultats publiés donnent le vertige. Certains portefeuilles battent le marché. D'autres s'effondrent au premier retournement. Et derrière les captures d'écran de gains, une mécanique bien plus troublante se met en place.
Dans cet article :
- Le duel : ce qui arrive quand un humain confie son argent à ChatGPT
- Le mirage de la performance : pourquoi les gains cachent l'essentiel
- Le vrai danger : l'erreur qui sonne juste
- Le piège collectif : quand des millions de portefeuilles pensent pareil
- La méthode Posthumain : faire travailler l'IA sur son argent sans se faire avoir
Le duel : ce qui arrive quand un humain confie son argent à ChatGPT
Harpaul Sambhi, fondateur d'une plateforme d'IA installé près de San Francisco, a donc lancé son expérience par pure curiosité. D'un côté, son gestionnaire humain. De l'autre, un portefeuille dessiné par ChatGPT, avec de l'argent réel.
Il utilise Deep Research, l'agent de ChatGPT qui produit des rapports recherchés avec citations, et lui demande d'identifier les entreprises qui fournissent l'ossature du boom de l'IA. La machine lui renvoie Nvidia, le fabricant taïwanais de semiconducteurs et des sociétés minières dont il n'avait jamais entendu parler.
Sambhi était prêt à perdre de l'argent sur ce pari. Et sur un an, en termes relatifs, il a « perdu » : son portefeuille ChatGPT a rendu environ 35 %, quand son gestionnaire humain affichait des gains autour de 40 %. L'IA avait battu le marché large, sans battre le professionnel en face d'elle.
Ce chiffre, à lui seul, devrait déjà refroidir l'enthousiasme. Parce que la vraie question n'est pas « l'IA gagne-t-elle de l'argent ? ». La vraie question, celle que presque personne ne pose, arrive juste après le premier relevé de compte.
Car en regardant de près ce que ChatGPT avait réellement acheté, un détail change tout le sens de l'expérience.