Tesla Roadster : elle vole et atteint 97 km/h en seulement 0,81 seconde
Au Texas, la nouvelle Tesla Roadster a volé, roulé à l'envers et atteint 97 km/h en 0,81 seconde, sans personne à bord. Ce que la démonstration prouve, et tout ce qu'elle laisse dans l'ombre.
Une voiture blanche grimpe une rampe incurvée, se retrouve la tête en bas, reste collée au bitume, puis s'en détache, pivote en plein ciel et retombe sur ses roues. Personne n'est au volant. Quelques minutes plus tard, la même machine saute par-dessus cinq Tesla alignées sur le tarmac.
La scène s'est déroulée le jeudi 15 octobre 2026, sur un site d'essais de SpaceX à McGregor, au Texas, pour la présentation de la Roadster de deuxième génération [1]. On parle ici de la nouvelle Roadster, la supercar électrique promise depuis 2017, et non de la toute première Tesla, vendue de 2008 à 2012.
Le spectacle était bien réel. Mais chaque prouesse arrive avec ses astérisques : un pilote absent, un chronomètre maison, une homologation inexistante et un prix toujours secret. Elon Musk a offert la démonstration la plus folle de l'histoire automobile, mais il lui reste à livrer une voiture.
Dans cet article :
- Ce que la Roadster a vraiment fait au Texas, sans personne à bord
- 97 km/h en moins d'une seconde : le chiffre et ses petites lignes
- Rouler la tête en bas ? Une petite voiture britannique l'a fait avant
- Neuf ans de retard et 50 000 dollars pour réserver
- Homologation et pilotage automatique : ce que la démonstration ne dit pas
- Ce qu'il faut surveiller d'ici 2028
Ce que la Roadster a vraiment fait au Texas, sans personne à bord
Premier numéro : la rampe. Sous la caisse, des ventilateurs aspirent l'air et plaquent la voiture au sol avec une force pouvant atteindre deux fois la gravité terrestre (2 G), assez pour la maintenir à l'envers [2]. C'est le principe de la « fan car », la voiture-aspirateur.
Deuxième numéro : le vol. Deux réservoirs en carbone totalisant 600 litres d'air comprimé alimentent des propulseurs à gaz froid (des tuyères qui crachent de l'air sous pression, sans aucune combustion). Les quatre tuyères arrière, qui ressemblent à des sorties d'échappement, délivrent une poussée annoncée de 80 kilonewtons.
Pour donner l'échelle, 80 kilonewtons représentent une poussée équivalente au poids d'environ huit tonnes. Grâce à ces jets, la Roadster a franchi d'un bond une Model 3, une Model Y, un Cybertruck, un Semi et un Cybercab, le robotaxi sans volant de la marque [3].
Le détail qui change la lecture : la voiture de démonstration était pilotée à distance, sans personne à l'intérieur, et Tesla reconnaît que cette version cascadeuse ne sera pas autorisée sur la route [4].
Sur le siège conducteur trônait pourtant un Optimus, le robot humanoïde de Tesla. D'après un journaliste d'Engadget (site américain spécialisé en technologie) qui suivait l'événement en direct, Tesla a laissé entendre que le robot était là pour la mise en scène, les figures ayant été programmées [5].
L'ironie est savoureuse : Musk vend la Roadster comme la dernière Tesla conduite par un humain, et sa démonstration s'est passée de tout humain. Elle a surtout servi de vitrine au vrai pari de l'entreprise : un logiciel qui pilote à votre place.


Deux réservoirs en carbone totalisant 600 litres d'air comprimé alimentent des propulseurs à gaz froid, faisant léviter la Tesla Roadster. © Tesla
97 km/h en moins d'une seconde : le chiffre et ses petites lignes
Le chiffre qui a fait le tour des réseaux : 0 à 60 miles par heure (environ 97 km/h) en 0,81 seconde, lors d'un essai chronométré par Tesla [2]. C'est le temps que la marque met en avant depuis jeudi soir.
✊ Posthumain n'existe que grâce aux abonnements.
Aucun algorithme. Aucune pub.
❤️ Soutenez-nous aujourd'hui et accédez immédiatement à tous les articles Premium.
Un autre essai, enregistré et diffusé pendant la soirée, affichait 1 seconde. Electrek (site spécialisé dans les véhicules électriques) y relève un détail : au ralenti, les propulseurs se déclenchent avant que la voiture bouge [6]. Si le chronomètre ne part qu'au premier mouvement, le temps affiché devient plus flatteur qu'il ne l'est en réalité.
Autre nuance : chaque version promet un temps différent. Selon la fiche publiée par Tesla, la Performance, sans propulseurs, passerait sous 1,6 seconde, la Thrust, équipée de propulseurs arrière, sous 0,9 seconde, et la Rocket, monoplace capable de voler, sous 0,59 seconde, avec plus de 480 km d'autonomie pour toutes les versions [7].

Pour mesurer l'écart, il faut un repère. La voiture de série qui accélère le plus vite au monde reste la Rimac Nevera R, hypercar électrique croate de 2 107 chevaux : 1,66 seconde de 0 à 97 km/h, selon les records annoncés par le constructeur à l'été 2025 [8].
Le calcul parle de lui-même. Atteindre 97 km/h en 0,81 seconde suppose une accélération moyenne de plus de trois fois la gravité terrestre, contre un peu plus de 1,6 fois pour la Rimac. Les pneus seuls peinent à transmettre une telle force : les tuyères poussent la voiture comme une fusée, sans dépendre de l'adhérence.
Dernière nuance, Tesla ne s'accorde pas avec elle-même. La fiche officielle annonce plus de 370 km/h en pointe ; sur scène, Musk a aussitôt évoqué la moitié de la vitesse du son, soit plus de 600 km/h [9]. Aucune de ces valeurs n'a été mesurée par un organisme indépendant.
Rouler la tête en bas ? Une petite voiture britannique l'a fait avant
La conduite à l'envers impressionne, mais Tesla n'est pas la première à la réussir. En avril 2025, le constructeur britannique McMurtry a retourné sa Spéirling, une monoplace électrique de 1 000 chevaux, et l'a fait avancer la tête en bas grâce à ses ventilateurs [10].
La Spéirling produit environ 2 000 kg d'appui aérodynamique (la force qui plaque la voiture au sol), même à l'arrêt, avec des ventilateurs tournant jusqu'à 23 000 tours par minute. Elle avait toutefois été retournée sur une plateforme rotative, à l'arrêt, avant d'avancer brièvement.
La nouveauté de Tesla tient donc dans la combinaison des deux : grimper en roulant jusqu'à l'envers, puis s'arracher de la rampe avec des tuyères pour retomber sur ses roues. Les ventilateurs existaient chez d'autres ; les propulseurs viennent de SpaceX, qui emploie ce type de jets d'air pour orienter ses fusées.
Reste une question que la démonstration laisse ouverte : à quoi servent ces prouesses hors d'un terrain d'essai fermé ? Musk a même évoqué un saut du canyon de la Snake River, théâtre de la célèbre tentative du cascadeur Evel Knievel [3]. Le registre est assumé : c'est du spectacle.
Neuf ans de retard et 50 000 dollars pour réserver
Pour comprendre la prudence, il faut remonter à novembre 2017. Tesla dévoile alors par surprise sa nouvelle Roadster, à la fin de la présentation du camion électrique Tesla Semi. Au programme : 1,9 seconde de 0 à 97 km/h, plus de 400 km/h en pointe et un prix de 200 000 à 250 000 dollars [11].
La production devait démarrer en 2020. Musk a ensuite cité 2022, 2023, 2024, puis d'autres années encore, et Tesla a manqué toutes les dates de livraison annoncées [12]. Il vise désormais 2028.
Entre-temps, la voiture a changé de nature. En 2017, Tesla promettait près de 1 000 km d'autonomie (620 miles) ; la version 2026 en annonce un peu plus de 480. Elle a perdu la moitié de son autonomie promise, mais gagné des tuyères.
Le prix, lui, reste un mystère. Tesla a pourtant rouvert les réservations : 50 000 dollars pour la Performance, 250 000 dollars pour la Thrust, et la Rocket uniquement sur invitation [1].
Le mécanisme reprend exactement les conditions de 2017 : 5 000 dollars par carte bancaire, présentés comme remboursables, puis 45 000 dollars par virement sous dix jours.
Une réservation remboursable n'est pas gratuite pour autant. Selon un calcul du site Business Model Analyst, un acompte « Founders » de 250 000 dollars versé fin 2017 a fait perdre à son titulaire environ 65 300 dollars d'intérêts, au taux moyen des bons du Trésor américain [13].
Et le sort des clients de 2017 n'est toujours pas réglé. Tesla n'a pas dit ce qu'il adviendrait de ceux qui ont réservé une voiture qui ne ressemble plus du tout à celle présentée jeudi [9].
Homologation et pilotage automatique : ce que la démonstration ne dit pas
Sur la légalité, Musk est resté évasif. Il a reconnu que ces fonctions pourraient ne pas être autorisées partout et s'est gardé de déclarer les propulseurs ou les ventilateurs légaux sur route. La version Thrust est d'ailleurs annoncée en série limitée [14].
Aux États-Unis, la NHTSA, l'agence fédérale de sécurité routière, ne pré-approuve pas les nouvelles technologies : elle vérifie que les véhicules respectent ses normes et enquête sur les défauts signalés [15]. Or, ses normes n'ont pas été pensées pour une voiture qui décolle.
Une voiture qui embarque 600 litres d'air sous très haute pression et peut quitter le sol, même brièvement, sort de toutes les cases prévues. Comme pour l'IA, dont les lois peinent à suivre la cadence, la technologie court ici plus vite que le règlement.
L'autre angle mort concerne la stratégie. Tesla réoriente sa gamme vers des véhicules entièrement autonomes, à commencer par le Cybercab, produit au Texas depuis cette année ; la Roadster est l'exception revendiquée [16].
Le Cybercab transporte des clients payants à Austin depuis le 3 septembre 2026, et la NHTSA a ouvert une enquête dans les heures suivantes sur la certification d'un véhicule sans volant ni pédales [17].
Vue sous cet angle, la soirée texane change de sens. Une voiture programmée pour grimper, sauter, pivoter et atterrir seule démontre surtout la maîtrise logicielle de Tesla. Le robot assis au volant faisait de la figuration ; le programme faisait le travail.
Ce qu'il faut surveiller d'ici 2028
La Roadster ne se jugera pas sur une soirée au Texas. Trois indicateurs diront si elle devient une voiture qu'on achète ou si elle reste un numéro de cirque hors de prix.
Le prix, la date et les clients de 2017
Tesla a montré tout ce qui impressionne et rien de ce qui engage. Le prix final, une fenêtre de livraison ferme et un plan pour les acomptes de 2017 sont les trois pièces manquantes. Tant qu'elles manquent, la Roadster reste une promesse, si spectaculaire soit-elle.
Pour un acheteur tenté, la logique est simple : un acompte versé aujourd'hui finance d'abord la trésorerie de Tesla. Attendre l'annonce du prix et d'un calendrier de production ne coûte rien, alors que l'expérience de 2017 montre que l'attente peut durer près d'une décennie.
Le signal à guetter sera industriel. Des offres d'emploi, des fournisseurs annoncés ou une ligne d'assemblage visible diront plus que n'importe quelle cascade. Sans eux, 2028 rejoindra la liste des dates manquées.
La Roadster qui roulera vraiment sur la route
La plupart des acheteurs recevront vraisemblablement la Performance, seule version sans propulseurs. Notre lecture : la Roadster de route sera d'abord une voiture-aspirateur ultra-rapide, la Thrust un jouet de circuit et la Rocket un objet de collection pour une poignée d'invités.
Même la Performance pose une question inédite. Un système qui aspire l'air sous la voiture pour la coller au sol à 2 G devra prouver qu'il reste sûr en cas de panne, de choc ou de chaussée dégradée. Le premier dossier d'homologation dira si Tesla vise la route ou le circuit.
Pour les versions à tuyères, le scénario le plus crédible ressemble au parcours du Cybercab : terrain limité, autorisations au cas par cas, régulateurs sur le qui-vive. Voir une Roadster sauter par-dessus un bouchon sur l'autoroute relève, à ce stade, de la science-fiction.
La Bourse, juge le plus sévère du spectacle
Les investisseurs ont appris à se méfier des grands shows de Musk. L'action Tesla avait reculé de 6 % après la présentation du Cybertruck en 2019 et de 8,3 % après celle du Cybercab en 2024 [4].

Cette fois, le titre a gagné près de 3 % dans les échanges de nuit, après une semaine de baisse d'environ 5 %. L'analyste Gene Munster, de la société de gestion Deepwater Asset Management, y voit une démonstration de force d'ingénierie, sans valeur commerciale au-delà d'embarrasser les constructeurs traditionnels [18].
Le verdict financier est sans appel : selon CNBC, la Roadster n'aura probablement aucun impact financier notable sur l'entreprise [12]. Elle sert à autre chose : rappeler que Tesla et SpaceX osent ce que personne d'autre ne tente.
Reste à savoir si la voiture la plus folle jamais présentée deviendra un jour une voiture qu'on peut acheter, conduire et assurer. Tesla s'est fixé 2028. Après neuf ans de rendez-vous manqués, seule une première livraison mettra fin au doute.
Ici, il n'y a aucune pub. Donc aucun maître.
Pas d'annonceurs. Pas de dépendance à Google. Pas de course aux réseaux sociaux. Posthumain existe grâce aux abonnements – et à ceux qui veulent une information libre.
Chaque abonnement donne de l'oxygène à un média sans publicité, sans annonceurs et sans maître. Si vous voulez que cette voix continue d'exister, rejoignez les lecteurs qui la rendent possible.
Ici, il n'y a aucune pub. Donc aucun maître.
Pas d'annonceurs. Pas de dépendance à Google. Pas de course aux réseaux sociaux. Posthumain existe grâce aux abonnements – et à ceux qui veulent une information libre.
Chaque abonnement donne de l'oxygène à un média sans publicité, sans annonceurs et sans maître. Si vous voulez que cette voix continue d'exister, rejoignez les lecteurs qui la rendent possible.
Sources principales :
- Fox Business – Tesla's new Roadster makes a flying debut, hitting 60 MPH in under a second
Présentation du 15 octobre 2026 sur un site d'essais de SpaceX à McGregor (Texas) ; réservation de 50 000 dollars pour la Performance, 250 000 dollars pour la Thrust, Rocket sur invitation. (foxbusiness.com) - Hagerty – New Tesla Roadster revealed, and it flies
Aspiration jusqu'à 2 G, deux réservoirs de 600 litres au total, quatre propulseurs arrière de 80 kN, 0 à 97 km/h en 0,81 s ; rappel des promesses de 2017 (1,9 s, 620 miles). (hagerty.com) - TechCrunch – Tesla reveals SpaceX-powered Roadster that flies and falls with style
Saut au-dessus d'un Cybercab, d'un Cybertruck, d'un Semi, d'une Model Y et d'une Model 3 ; Musk évoque un saut du canyon de la Snake River. (techcrunch.com) - Gulf News – Tesla rolls out 'insane' rocket-powered flying Roadster, price yet unknown
Voiture de démonstration pilotée à distance, version cascadeuse non homologable ; baisse de l'action de 6 % après le Cybertruck (2019) et de 8,3 % après le Cybercab (2024). (gulfnews.com) - Engadget – Tesla Roadster launch live blog
Direct de la présentation : l'Optimus installé au volant était là pour le spectacle, la voiture ayant été programmée pour ses figures (entrée d'Aaron Souppouris). (engadget.com) - Electrek – Are Tesla's claims for its new 'flying' Roadster real, or is it just full of cold gas?
Essai enregistré à 1 seconde ; au ralenti, les propulseurs s'activent avant que la voiture commence à bouger. (electrek.co) - Yahoo Finance – Tesla unveils Roadster featuring compressed air thrusters for limited flight
Trois versions annoncées : 0 à 97 km/h en moins de 1,6 s (Performance), 0,9 s (Thrust) et 0,59 s (Rocket), autonomie supérieure à 300 miles. (finance.yahoo.com) - Rimac Newsroom – Rimac Nevera R Becomes New 0-400-0 Champion and Sets 24 Performance Records
La Nevera R abaisse le record de 0 à 97 km/h des voitures de série à 1,66 seconde. (rimac-newsroom.com) - Jalopnik – Tesla Roadster Re-Reveal Promises New Design, Flight, Production In 2028
Vitesse de pointe annoncée au-delà de 230 mph, que Musk porte sur scène à Mach 0,5 ; aucune réponse sur le sort des réservations de 2017. (jalopnik.com) - Forbes – This Tiny British Car Has So Much Downforce It Just Drove Upside-Down
La McMurtry Spéirling, 2 000 kg d'appui grâce à des ventilateurs à 23 000 tr/min, roule à l'envers après rotation sur une plateforme (avril 2025). (forbes.com) - TechRadar – Elon Musk says production Tesla Roadster will be unveiled later this year
Promesses de 2017 : 1,9 s de 0 à 97 km/h, plus de 250 mph, 200 000 à 250 000 dollars ; dates de lancement successives 2020, 2022, 2023 et 2024. (techradar.com) - CNBC – Tesla Roadster reveal: what to know about the delayed EV
Toutes les dates de livraison manquées depuis 2017, production annoncée pour 2028 et impact financier probablement négligeable pour Tesla. (cnbc.com) - Business Model Analyst – Tesla Is Taking $50,000 Roadster Deposits Again. Nobody Has a Car Yet
Conditions de réservation identiques à 2017 et environ 65 300 dollars d'intérêts perdus sur un acompte Founders de 250 000 dollars. (businessmodelanalyst.com) - InsideEVs – Tesla Just Revealed The Roadster With A Truly Insane Demo. Here's What You Need To Know
Musk admet que ces fonctions pourraient ne pas être légales partout et ne qualifie pas les propulseurs d'homologables ; version Thrust limitée. (insideevs.com) - Fortune – NHTSA et le lancement du Robotaxi de Tesla (juin 2025)
L'agence fédérale précise qu'elle ne pré-approuve pas les nouvelles technologies et vérifie la conformité des véhicules à ses normes. (fortune.com) - Car and Driver – Revealed! New Tesla Roadster Takes Flight with SpaceX Thrusters
Tesla bascule sa gamme vers l'autonomie, produit le Cybercab au Texas et fait de la Roadster sa dernière voiture à conduite manuelle. (caranddriver.com) - Alvarez & Marsal – A look into Tesla's Cybercab rollout and the state of driverless ride sharing
Service commercial du Cybercab lancé à Austin le 3 septembre 2026, enquête de la NHTSA ouverte dans les heures suivantes. (alvarezandmarsal.com) - Stocktwits – Tesla's New Roadster Can Fly, But Gene Munster Sees 'No Commercial Value' Beyond Tesla-SpaceX Hint
Hausse de près de 3 % de l'action dans la nuit, après une semaine en baisse de 5 % ; Gene Munster parle de prouesse d'ingénierie sans valeur commerciale. (stocktwits.com)